LA VAGUE

Novembre - Décembre 2018

26-30 novembre : Résidence au Centre national de la création musicale Césaré – Reims
6 décembre : Concert – Semaine du « Bizarre », Théâtre Berthelot, Montreuil

Elsa Biston : synthèse additive et électroacoustique
Benjamin Sanz : traitement mixte – batterie, percussions, micros, effets

CRÉATION 2018

Mars et octobre 2018 : Résidence au Théâtre Berthelot, Montreuil

Avril 2018 : Résidence au Centre nationale de création musicale la Muse en Circuit, Alfortville

Novembre 2018 : Résidence au Centre national de création musicale Césaré, Reims

 

« En musique, le rythme est le battement métronomique, qui est du côté du pouvoir.

Mais la musique possède un autre rythme, le ruthmos, qui serait ce qu’on appelle en jazz le swing.

En faisant beaucoup d’ellipses, on pourrait dire que la musique est la catégorie antinomique du pouvoir,

à condition de la définir par le ruthmos. C’est le rythme en tant qu’il admet un plus ou un moins, une imperfection,

un manque. Donnée par le mot idios dans idiorythmie, qui veut dire particulier, c’est ce qui n’entre pas dans la structure.

Casals dit : « le rythme c’est le retard ». Il définit en fait le ruthmos ».

(Roland Barthes, “Comment vivre ensemble”)

Elsa Biston, compositrice de musique contemporaine et Benjamin Sanz, batteur de jazz et de musiques improvisées, créent un duo avec l’envie de questionner les relations entre rythme, textures sonores et matériaux issus du monde réel, plus particulièrement dans une zone où rythme et textures se confondent et se muent l’un en l’autre. La base des recherches et de l’écriture se fait en duo, mais les concerts se feront avec un musicien supplémentaire, probablement un clarinettiste.

Elsa oriente ses compositions instrumentales et électroacoustiques vers une recherche de textures en mouvement. Au niveau rythmique, elle travaille le flux, le mouvement continu, l’énergie. Elle crée un instrument à l’aide d’interfaces tactiles et d’un logiciel, qui lui permet de manipuler des battements issus d’accumulations de « sine waves ». Elle crée ainsi des matières qui procèdent à la fois de la polyrythmie complexe, de la texture et de l’empilement harmonique, et qui permettent la transition continue de l’un à l’autre. Ces matières sont diffusées par l’intermédiaire d’enceintes vibrantes dans la batterie de Benjamin, et dans d’autres supports de diffusions – enceintes classiques, boîtes métalliques qui servent de membrane de haut-parleur et créent des saturations, etc…

Benjamin travaille la qualité harmonique et timbrale de ses instruments, qui lie en une matière commune le rythme joué. Il puise ses racines dans le jazz et les musiques africaines, musiques construites autour d’un rythme-origine, essentiel, dans l’énergie de l’instant.

“Il s’agit de trouver un espace commun où nos deux mondes musicaux, nos conceptions du son et du rythme, peuvent se rencontrer. Pour ce faire, le préalable au travail musical consiste en la recherche d’une matière-origine, homogène, dense, vibrante, dont on ne peut définir si elle est harmonique ou rythmique, en-deçà des choses différenciées, non-individuée en quelque sorte.

Ainsi, dans notre musique nous oscillons entre deux pôles : la matière sonore, et la symbolique portée par le matériel musical. C’est un questionnement sur les rapports de l’implicite à l’explicite. Nous utilisons la matière sonore pour créer des liens entre des mondes très différents, les maintenir ensemble, les faire s’entrechoquer, les utiliser de manière plus libre, les recomposer sous d’autres rapports, en passant toujours par un dénominateur commun : une vibration, une pulsation profonde.”